LeBulletin Altitude

Conseils pour sélectionner un bon champagne

Les bulles produites par de petits vignerons français sont parfaites pour faire pétiller votre cave à vin. Voici quelques conseils d’experts pour vous procurer de bonnes bouteilles.

Par Ronald Georges et Daviel Lazure Vieira 

Moët & Chandon, Veuve Clicquot, Taittinger: vous avez sans doute votre champagne préféré. Ces grandes marques font toujours un excellent travail, toutefois les amateurs ont de plus en plus tendance à favoriser les petits producteurs, des passionnés qui cultivent leurs propres raisins. Si les grandes maisons créent des assemblages issus de récoltes provenant de divers coins de la Champagne, les crus produits par les vignerons indépendants sont limités à des raisins issus d’un seul vignoble ou uniquement de quelques vignobles sélectionnés.

«Ces crus ont un goût plus précis, car les récoltes de raisin proviennent de petites parcelles, souvent limitées à un seul village», explique Marc Sibard, directeur général des Caves Augé, caviste établi à Paris depuis 1850, dans le 8e arrondissement. Et il ajoute: «Ils possèdent aussi des arômes distinctifs, qui varient selon les particularités du terroir.»

Voilà ce qu’il faut retenir au moment de choisir une bouteille pour le repas. Pour l’apéritif, optez pour un cru sec à boire sans tarder avec des amuse-bouches salés et des crustacés. Choisissez un blanc de blancs pour les huîtres, et un blanc de noirs pour les viandes rouges (surtout avec des champignons). Pour accompagner les viandes blanches, osez le champagne rosé, qui est aussi un excellent choix pour les gâteaux au chocolat pas trop sucrés. Un vin demi-sec ou doux s’accordera à merveille avec les desserts, fruits et pâtisseries. Enfin, gardez les cuvées de prestige pour les poissons et le veau.

Le potentiel de garde dépend du cépage, les vins à dominance de chardonnay ou du précieux arbane supportant mieux la conservation, tandis que le pinot meunier se déguste habituellement sans tarder. Les champagnes millésimés sont aussi parfaitement adaptés à la garde, puisque les raisins sont issus d’une même année (plutôt que d’être le fruit d’un assemblage de diverses années). Alors, conservez à l’horizontale vos magnums de Fleur de Passion – de la maison Diebolt-Vallois (blanc de blancs) –, ou les bouteilles de Vieilles Vignes, Cépage Arbane Moutard Père et Fils – de la maison Moutard-Diligent) –, et faites plutôt sauter le bouchon d’un brut du domaine Egly-Ouriet, comme Les Vignes de Vrigny Premier Cru.

Les recommandations de nos experts parisiens

Lors d’un passage dans l’Hexagone, faites provision de champagnes de petits vignerons rarement vendus au Canada, sinon en importation privée.

À petit prix

Nul besoin de vous ruiner pour sabler une bonne bouteille. Marc Sibard, notre expert des Caves Augé, recommande un blanc de blancs de cuvée parcellaire Pierre Gimonnet & Fils Grand Cru Oger, qu’il décrit comme «un champagne racé, opulent, masculin et puissant avec une intense “minéralité”».

À prix moyen

La sommelière d’origine québécoise Laura Vidal, cofondatrice du restaurant éphémère Paris Popup, propose un délicieux brut nature de Ruppert-Leroy Fosse-Grely. «Un nouveau producteur fabuleux qui va faire parler de lui, grâce à ses champagnes aux notes de fleurs blanches et de fruits frais (pêche et poire) légèrement acidulés.»

À prix plus fort

Sommelier du VERJUS bar à vins, Jonathan Brookes apprécie particulièrement la cuvée Substance du domaine Jacques Selosse, qu’il décrit comme «un nectar intense, riche, complexe, un vrai champagne gastronomique». Il conseille un passage en carafe au moins 30 min avant la dégustation.