LeBulletin Altitude

L’Internet des objets

Ces appareils intelligents révolutionnent les usines, les villes et nos vies.

Par Alec Scott

Les distinctions entre technologies vestimentaire, de proximité ou auditive vous échappent? En 2016, vous entendrez de plus en plus parler de ces réalités, alors que l’Internet des objets (IdO) poursuivra son développement et fera davantage partie intégrante de nos façons de travailler, de voyager, de vivre.

Les «objets» au cœur de ce nouveau secteur d’activité sont des appareils munis de capteurs, qui communiquent les données qu’ils recueillent par Internet et, souvent, entre eux. Parmi eux, on trouve notamment des gadgets tels que des moniteurs d’activité physique (incontournables de la techno vestimentaire), des lampadaires intelligents (qui font partie de la techno de proximité) ou des écouteurs qui recueillent de l’info utile qu’ils murmurent à l’oreille de ceux qui les portent (techno auditive). L’un des experts de ce domaine émergent prévoit que, d’ici la fin de 2020, nous serons entourés par pas moins de 50 milliards de ces objets intelligents, qui ne tarderont pas à bouleverser nos habitudes à la maison, au travail et dans les villes.

The Smart Summit Frankfurt

Consultant œuvrant en partenariat public-privé pour Amsterdam et l’un des spécialistes de la ville intelligente les plus reconnus dans le monde, Bram Sieben sera l’un des conférenciers du Smart Summit, un congrès en trois parties sur l’écosystème IdO, qui se tiendra à Francfort les 6 et 7 avril prochains. «On se penchera, notamment, sur ces lampadaires intelligents équipés de Wi-Fi qui passent au vert successivement et peuvent ainsi vous guider jusqu’à la gare principale d’Amsterdam.»

M. Sieben nous explique que ces rencontres ne servent pas uniquement à découvrir le super nouveau gadget branché – comme cette pédale de bicyclette munie d’un GPS qui permet, depuis Amsterdam, de retrouver un vélo volé. «En effet, outre la présentation de bidules judicieux, ces rencontres nous permettent de discuter de la façon dont on intégrera cette technologie dans nos vies. Les citoyens doivent d’abord être convaincus qu’elle les aidera. On ne doit pas l’imposer aux villes, mais plutôt la laisser faire son petit bonhomme de chemin de bas en haut, soit depuis des quartiers qui ont des problèmes concrets à résoudre.»

Organisé près de l’un des aéroports les plus achalandés d’Europe, le Smart Summit Frankfurt réunira des conférenciers de Barcelone, où les téléphones intelligents communiquent aux automobilistes les places de stationnement libres, et de Hambourg, où le tonnage total des mouvements portuaires a augmenté grâce à la mise en place d’un système permettant aux navires entrants, aux conteneurs et aux camions en attente de chargement de communiquer entre eux leur position respective.

Industry of Things World 2016

L’efficience productive des usines est l’une des forces de l’Allemagne, chef de file de longue date de la sphère industrielle. Cet automne, Berlin accueillera une autre rencontre consacrée à l’IdO dans le secteur manufacturier (les 19 et 20 septembre). L’un des membres du CA de la conférence, et le directeur scientifique du German Research Center for Artificial Intelligence, Detlef Zühlke, dresse un bilan de son domaine. «Vous avez ces robots industriels équipés de capteurs qui peuvent vous donner des renseignements, beaucoup de renseignements. Une partie de l’information est facile à décoder et à utiliser (par example: savoir où se trouvent les goulots d’étranglement dans la chaîne de production). Mais, parfois, bien que l’on sache qu’une information peut être utile, on n’a pas encore trouvé la meilleure façon de la traiter.»

Si les applications IdO destinées aux consommateurs ont tendance à provenir des États-Unis (de la région de San Francisco, principalement) ou d’Asie, c’est l’Europe qui domine la sphère des technologies de pointe servant à améliorer usines et villes. Pas étonnant qu’en Allemagne ces deux congrès provoquent une importante effervescence.

Et M. Zühlke de conclure: «Certes, ce dont on discute est important, mais le lieu l’est tout autant. En effet, l’Allemagne a beaucoup à enseigner – et à apprendre – dans cette nouvelle sphère.»