LeBulletin Altitude

Le règne de l’art contemporain à Casablanca

Survol du dynamique monde des arts dans la métropole marocaine, qu'Air Canada dessert maintenant par un service sans escale.

L’effervescence créatrice qui anime l’univers de l’art contemporain à Casablanca puise son inspiration à la source de la curiosité culturelle du roi Mohammed VI, un fervent collectionneur. En effet, depuis son ascension au trône, en 1999, la métropole est entrée dans une nouvelle ère artistique, et son influence dans la dernière décennie a produit de nombreux mécènes.

L’Atelier 21

«Auparavant, notre esthétique se résumait à la peinture historique ou orientaliste», explique Nadia Amor, directrice générale de la galerie L’Atelier 21. «De nos jours, des artistes marocains rompent avec cette tradition, s’intéressent davantage aux questions d’actualité – dont la vie moderne et l’émigration –, et travaillent avec une gamme de matériaux bien plus variés. Maintenant, un grand nombre de créateurs vivent en Europe. Ainsi, l’influence du regard de l’autre et l’appartenance à deux cultures disparates sont des thèmes centraux dans la plupart de leurs œuvres.»

L’Atelier 21 est la meilleure adresse où trouver les productions récentes de la florissante scène artistique de Casablanca. Plonger dans ce bouillonnant espace moderne de la rue Abou Mahassine Arrouyani permet non seulement de découvrir des artistes émergents ou établis (comme Zakaria Ramhani, dont les célèbres portraits sont subtilement formés de caractères arabes), mais aussi de tisser des liens avec un riche réseau de collectionneurs et de mécènes. «Aujourd’hui, nous vendons du contemporain, ce qui aurait été impensable il y a huit ans, à l’ouverture de la galerie.»

Femme arabe d'après Renoir

Zakaria Ramhani, «Femme arabe d'après Renoir,» Huile sur toile (122 x 151 cm), 2012, gracieuseté de la galerie L'Atelier 21, Casablanca, Morocco

À moins de 10 min de L’Atelier 21 se trouve la Galerie Shart, dirigée par Hassan Sefrioui, un collectionneur passionné devenu galeriste, qui a inauguré ce lieu en 2006 afin d’encourager le public à suivre la carrière de ses artistes contemporains préférés. La Galerie Shart accueille également la société itinérante CulturesInterface, ambassadrice de l’art contemporain du Maghreb et de la Méditerranée, qui voyage régulièrement en Afrique, en Europe et en Amérique pour faire connaître ses talents. Et il y a aussi la galerie Fatma Jellal, qui offre des résidences à des artistes locaux aux œuvres socialement engagées.

Ensemble, tous ces acteurs du milieu artistique ont tiré parti de l’influence du roi pour développer une solide communauté d’artistes et d’aficionados.

«Force est de constater que nous avions raison de miser sur l’éclectisme des collectionneurs, dont les goûts sont moins traditionnels qu’il n’y paraissait», conclut Nadia Amor. Il existe aujourd’hui des fidèles qui suivent l’art contemporain, un constat qui nous permet de prendre davantage de risques et de soutenir la création.»