Les conseils d’une psychosociologue sur l’atteinte de ses objectifs

Nouvelle année, nouvelles résolutions. C’est du moins ce qu’on dit. Que vous souhaitiez faire plus d’exercice ou économiser de l’argent pour réaliser un voyage de rêve, vous trouverez de bons tuyaux dans Clearer, Closer, Better, le livre de la psychosociologue Emily Balcetis qui sortira sous peu. Voici cinq de ses stratégies pour atteindre vos objectifs cette année.

Par Stephanie Mercier Voyer

 

Emily Balcetis est une psychosociologue dont les travaux s’intéressent à la motivation et aux stratégies qui peuvent aider à la réalisation d’objectifs. Dans son livre à paraître, Clearer, Closer, Better (que vous pouvez précommander ici), elle analyse comment notre façon de voir le monde pose des défis imprévus et comment un regard neuf sur les choses peut aider à surmonter ces aléas. Nous avons discuté avec elle de l’attitude à adopter pour atteindre ses objectifs.

1. Se fixer des objectifs ambitieux, mais qui ne soient pas insurmontables

Au début de l’année, on se fixe souvent des objectifs ambitieux et des attentes irréalistes quant au progrès à réaliser pour les atteindre. Perdre 40 livres en 40 jours, par exemple. Quand, au bout de 20 jours, l’aiguille n’a pratiquement pas bougé sur la balance, sans surprise, on perd toute motivation. La clé est de se fixer un objectif un peu plus raisonnable. Sans le rendre trop facilement atteignable, car lorsque quelque chose demande trop peu d’efforts, le rayer de sa liste des choses à réaliser n’est pas aussi satisfaisant. C’est pourquoi les buts un peu plus modestes, qui ne sont pas impossibles à atteindre, sont les plus inspirants.

2. Prévoir les échecs

On fait souvent l’erreur de ne penser qu’aux étapes à entreprendre pour accomplir son but. Très rarement pense-t-on aux défis qui pourraient survenir en cours de route. Je conseille de prévoir les échecs et de planifier des solutions. Sinon, quand quelque chose ne fonctionne pas comme prévu, il est difficile de trouver sur le coup une façon de s’en sortir. Dressez une liste de ce qui pourrait aller de travers et des solutions à apporter, le cas échéant. L’histoire de Michael Phelps aux Jeux olympiques de Beijing est, à cet égard, très inspirante. Lorsque ses lunettes se sont remplies d’eau en début de course (ce qui l’obligeait à poursuivre à l’aveugle), il n’a pas paniqué, car il s’était préparé à un tel scénario. Il a continué à compter ses mouvements de bras et savait exactement à quel moment tourner contre le mur. Il a finalement remporté la médaille d’or. Cet exemple montre bien que les grands défis ne sont toujours pas insurmontables, si on les a prévus.

3. Cultiver un esprit positif

Bien souvent, notre voix intérieure nous dit : « Je ne suis pas bon en math. Je n’aime pas la course. Ce n’est pas pour moi. » Ces ruminations se font généralement entendre lorsqu’on a déjà vécu certaines difficultés. Nous posons un diagnostic sur notre potentiel, et cette façon de penser peut devenir problématique lorsqu’on s’attaque à un gros défi. Il y a bien sûr des obstacles en cours de route, mais si nous voyons ces moments difficiles comme un indicateur de nos incapacités, nous nous persuadons que nous ne pourrons jamais y arriver. Une meilleure façon d’aborder les choses est de voir chaque défi comme une occasion de grandir. Subir un revers ne devrait pas être si déterminant et ne devrait pas nous faire croire qu’il faut se réinventer complètement. Ce peut être simplement l’occasion d’essayer des choses nouvelles.

4. Garder à l’esprit le progrès accompli

Lorsqu’on chemine vers ses objectifs, il est important de garder à l’esprit le progrès déjà accompli. La motivation s’en verra grandie. À l’étape de la planification, on devrait d’ailleurs prévoir des périodes d’évaluation durant lesquelles on prend acte des progrès réalisés. On constate ainsi le chemin parcouru. Il est parfois difficile d’en être conscient après quelques semaines (le temps passé nous aura peut-être fait oublier comment étaient les choses au départ). Lorsqu’on prend conscience du progrès réalisé, on comprend qu’on a les aptitudes nécessaires et les ressources pour aller au bout de sa quête. C’est la confirmation qu’on s’est fixé le bon objectif.

5. Ne pas perdre l’objectif de vue

Cette dernière stratégie semble en contradiction avec la précédente. Mais lorsqu’on est sur le point d’atteindre son objectif, plutôt que de souligner le progrès accompli, il vaut mieux se concentrer sur l’atteinte de ce dernier. Nous avons réalisé de nombreuses études avec des coureurs, et cette stratégie semble fonctionner à tout coup. Nous avons constaté que lorsqu’ils se concentrent sur la ligne d’arrivée et éliminent les distractions, l’objectif leur semble plus près. Cette illusion fait en sorte que les athlètes accélèrent le pas et ressentent moins la douleur. Ce que nous avons remarqué en matière d’attention visuelle s’applique aussi à l’attention cognitive. Alors, quand un projet tire à sa fin, il est important de rester concentré sur l’objectif visé. Bien que la multiplicité des tâches puisse sourire à certains, dans certaines circonstances, elle nous joue souvent des tours sur le plan cognitif. En restant concentré sur l’objectif, on évite de céder au multitâche et on s’attelle à terminer le travail.
 

Des études ont montré que lorsqu’on fait appel à ces stratégies, notre corps « s’outille » pour surmonter de nouveaux défis. Lorsqu’on se fixe un objectif stimulant, qui n’est ni irréaliste ni trop facile, qu’on anticipe les défis et qu’on établit un plan de secours, la pression artérielle et le rythme cardiaque augmentent. Si une augmentation du rythme cardiaque est nuisible lorsqu’elle est chronique, elle peut être bénéfique de façon ponctuelle : c’est en effet de cette façon que notre corps se dynamise pour relever de nouveaux défis.