La renaissance de Mexico en chiffres

Entrepreneurs et dirigeants municipaux insufflent une nouvelle vie à la capitale. Retour sur certaines données de cette revitalisation.

Par Matt O'Grady

Mexico vit de grands moments. Avec une population jeune, éduquée et entreprenante, la capitale est depuis peu une pépinière pour la créativité et l’innovation.

«À l’époque du courant moderniste, la ville idéale se devait d’être efficace, en permettant de se rendre du point A au point B le plus rapidement possible», affirme Gabriella Gómez-Mont, directrice fondatrice du Laboratorio para la Ciudad («laboratoire urbain»), nouveau service de l’administration municipale de Mexico dont le principal mandat consiste à canaliser la créativité et à renforcer l’engagement civique. «Aujourd’hui, les villes doivent se définir tant par leur aménagement que par leur visibilité et leur culture créative.»

Petites et grandes occasions d’affaires

Étant la plus peuplée des capitales du continent, Mexico est une incontournable pour un bon nombre de multinationales. La plupart ont d’ailleurs pignon sur le grand boulevard Paseo de la Reforma, où une dizaine de gratte-ciels sont en chantier ou en gestation. La plus haute construction est la Torre Mayor de 55 étages – construite en 2003 par feu le promoteur immobilier canadien Paul Reichmann –, dont la notoriété repose sur l’exceptionnelle robustesse antisismique.

Bien que Mexico soit une plaque tournante en Amérique latine pour les plus importants sièges sociaux, c’est aussi une cité en plein essor pour les PME. Le Mexique compte actuellement 45 fonds de capital de risque (ils n’étaient que 14, en 2012), presque tous situés dans la capitale, qui fournissent l’argent nécessaire aux entrepreneurs potentiels en technologie. Les petites entreprises sont également en croissance, ce que Mme Gómez-Mont attribue à la jeunesse des habitants de Mexico (50 % ont moins de 26 ans), alors que la moitié d’entre eux œuvrent dans des secteurs de l’économie parallèle, un facteur qui favorise l’esprit d’entreprise.


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Vers un avenir durable

Si vous n’êtes pas allé à Mexico depuis 20 ans, vous serez étonné de constater à quel point les conditions de vie s’y sont améliorées. En 1992, l’ONU décrétait l’air de Mexico le plus pollué de la planète, alors qu’aujourd’hui sa qualité s’approche de celle de Los Angeles.

Il existe maintenant des mesures incitatives du gouvernement et de bailleurs de fonds visant à redensifier le centre-ville et à réduire la durée des déplacements. Non seulement la ville a prolongé son programme Hoy No Circula («Aujourd’hui, on ne roule pas») – qui limite la circulation des voitures certains jours –, mais elle a aussi mis en service un réseau de bus rapides à la fine pointe. Parallèlement, depuis 2010, Ecobici, le plus gros service de partage de vélo en Amérique, a ajouté plus de 6000 bicyclettes dans les rues de la métropole. D’ailleurs, le dimanche, un bon nombre de ces vélos roulent sur le Paseo de la Reforma, interdit aux autos pour la journée.

Ville brillante

L’impressionnant maillage d’établissements éducatifs et d’institutions culturelles constitue l’un des attraits durables de la capitale. En effet, Mexico abrite la Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM), la plus grande université hispanique du globe. Annuellement, le Mexique produit près de 118 000 ingénieurs, et nombreux sont diplômés de l'UNAM.

En ce qui concerne la culture, Mexico peut se targuer de posséder davantage de musées (Il y en a 150) que toute autre ville du globe et d’être devenue, depuis les années 1990, l’une des métropoles les plus actives en matière d’art contemporain de la planète.